Rideau sur la 33e édition d’une manifestation dont la réputation mondiale n’a pas entamé la simple joie de vivre. Les (bons) souvenirs se ramassassent à la pelle…

 

« Comment travailler à Annecy ? » lance lors de la cérémonie de clôture du FIFA le réalisateur Henry Selick, propulsé pour la deuxième fois ici pape de l’anim’ , pour son long métrage Coraline douze ans après James et la Grosse Pêche.

Sous ses airs de grand adolescent maladroit et nerveux, le filiforme américain pose une question essentielle. Annecy exerce sur les festivaliers le même attrait qu’Hawaï sur Mark Twain. Une invitation au voyage et au farniente qui se faufile partout.

Le MIFA : Annecy version « pro »

Y compris au MIFA[1], le très officiel Marché International du Film de l’Animation, qui se déroule à quelques encablures des principales salles de projection. Petits et grands professionnels -geeks en herbe et grands gourous geeks- s’y côtoient trois jours durant sur 3000 m2 de  bonne humeur. Les recherches de financement, de partenaires, de producteurs peuvent s’y faire en tongs et chemises à fleur. La mise en réseau bat son plein : en 2008, 1131 sociétés étaient présentes. Et personne ne semble lésé. Les petits exposants interrogés évoquent tous « une très bonne année » et « beaucoup de contacts ». Même si une fois l’effervescence retombée, « il n’est pas dit que tout le monde rappelle », glisse un petit producteur français.

Dans ce paradis baba aux mille facettes, sorte de Silicon Valley miniature, on n’oublie pas que le business reste le nerf de la guerre. « Et l’air de rien, on bosse dur » confie un collaborateur de la société montpelliéraine 3DVF. Une atmosphère très particulière que l’intervention décontractée d’Aton Soumache, producteur charismatique de la société Method films (L’homme sans tête, Renaissance) – reflète parfaitement.

 <Insert>  Entretien informel avec Aton Soumache, producteur de la société  Method films (L’homme sans tête, Renaissance)

 http://www.youtube.com/watch?v=-_C0D3UmUEM

 

Un foisonnement d’activités, des plus triviales aux plus pointues

Si le versant sérieux et « pro » du festival est aussi décontracté que dire du reste ?

On l‘a dit, le festivalier aime Annecy. Et Annecy le lui rend bien. A midi comme à minuit, dans la chasse gardée et VIP du Pré Carré,  sur les bords du lac, ou dans la vieille ville, il arbore toujours son badge d’accrédité qui tourbillonne autour de lui (comme un calice à sa beauté) -et peut-être bien aussi le sac Annecy 09 constellé de Pin’s France Télévisions. Car être ici est un privilège, et le festivalier ne l’oublie pas. Il le revendique.

Le menu proposé est à la hauteur des appétits les plus exigeants et/ou démesurés : 500 films projetés (dont près de 200 en compétition issus de 40 pays), des avant-premières (dont Panique au village, une production Franco-belge de Vincent Patar et Stéphane Aubier, sorte de western déjanté basé sur la série éponyme[2]), des Work in Progress qui permettent « de découvrir les secrets de fabrication des films terminés ou en cours de production » –Le Chat du rabbin de Joann Sfar et Un monde truqué de Jacques Tardi, respectivement annoncés pour 2010 et 2011 augurent de belles choses- des rencontres, des débats, des conférences, des expos… Bref, impossible de faire le tour. Un petit sentiment de frustration qui pousse sans doute le festivalier à revenir à Annecy, le mors aux dents.

Un Palmarès politique et poétique

Après six jours de fête et de travail, quand arrive la cérémonie de clôture, l’ambiance ne faiblit pas. Toujours pas de Tuxedo ou de robes de soirée, mais des avions tournoyant plus que jamais dans la Grande salle de Bonlieu –tradition séculaire- et un public trépignant devant le teaser du festival1. Comme au premier jour.

Serge Bromberg, le truculent délégué  artistique du FIFA, dans un effort décalé très apprécié, arrive sur scène en spationaute : « un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’animation » s’exclame-t-il sous les hourras du public.1 40 ans après les premiers pas sur la lune, Annecy ne se lasse pas de regarder ailleurs…

De la longue cérémonie de remise des prix – http://bit.ly/ILeNK -on retiendra le Cristal d’Annecy pour le sobre Slavar3, de la suédoise Hanna HEILBORN, une captation animée d’une interview de deux jeunes enfants enlevés par la milice soudanaise. Car sous ses atours déconneurs, le FIFA se permet d’aborder des sujets sérieux, érudits –la découverte de l’animation par le russe Shiryaev cinq ans avant Emile Cohl4 http://bit.ly/RWzh7 – ou irrévérencieux – la corrosive sélection ‘politiquement incorrect’ et le Spike &Mike’s Sick and Twisted festival http://www.spikeandmike.com/ .

Trois autres courts-métrages primés,  Runaway, El Empleo, L’homme à la Gordini, attaquent férocement l’exploitation et la marchandisation de l’homme ainsi que la pensée unique par le biais de l’absurde et de la satire.

Pour ce qui est des longs, le surestimé  et omniprésent Coraline, cité précédemment, partage heureusement le Cristal avec Mary and Max d’Adam Elliott5,  alors que Brendan et le secret de Kells6 reçoit le prix du public.6

L’année prochaine marquera le 50e anniversaire –puisque les premiers festivals annéciens avaient lieu tous les deux ans-  d ‘un festival  atypique qui, quoiqu’on en dise, ne connaît pas la crise.

 

http://www.annecy.org/home/index.php?Page_ID=1

 

 

 

 

 


[1] Cf la photo des studios de France Télévisions

 

[2] http://www.paniqueauvillage.com/

 

1 Le teaser de l’édition 2009 : http://www.youtube.com/watch?v=denO_V5PYIk

 

 

2 Serge Bromberg, le Délégué artistique du Festival, fait une arrivée remarquée pour lancer la cérémonie de clôture du festival : http://www.youtube.com/watch?v=W9tWS7J7NE4 (“un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’animation’)

 

3 Photo de la réalisatrice envoyée par courriel

 

4 http://www.youtube.com/watch?v=zLCfi2G5P74

 

5 http://www.youtube.com/watch?v=MgRjB8PEDkM et sur leur twitter, @maryaandmax on peut lire ceci: “are celebrating! We won the Grand Crystal feature prize at Annecy – alongside Coraline! French release sept 30 Viva la France!”

 

6 http://www.youtube.com/watch?v=MTPAvY4y0pY

 

7Live blog pendant le festival https://samueldixneuf.wordpress.com/

C’est maintenant… Avec J-P Jeunet et Bill Plympton !

France Inter FI LiveFI 2Jeunet

Snaps 3 (MIFA)

12 juin 2009

Le Pôle emploi au MIFA !Stand FICAM..........

Snaps (2)

12 juin 2009

Petits déjeuners du Bar du festivalPDBFPDBF 2WIF Tardi

Côté jardin (1)

12 juin 2009

Passage éclair au MIFA hier soir (Marché International du Film d’Animation) où se retrouvent tous ceux qui ont à vendre quelque chose. Tapis rouges, kiosques presque anonymes ou grosses machines, un endroit avec des airs de salon du livre qui aurait pour invité d’honneur le Japon.

Il y a des âmes en peine qui attendent toute la journée le producteur argenté, prêtes à dégainer un speech bien rôdé et les anecdotes qui font rire. Un regard un peu trop humide et insistant, me voilà alpagué par des Anglais qui découvrent avec déception, après 10 mn de force de vente, que je suis journaliste.

Le soir dîner de presse au Pré Carré, où le tout Annecy se retrouve de génération en génération ( et pour des siècles et des siècles, Amen!). Sont présents Télérama et France Inter, mais je m’en fous je suis à côté de Jacques Glénat. Il me parle de ses débuts, de sa première revue consacrée à l’animation, Fantasmagorie –qu’il tient à bout de bras pendant six ans, allusion au  titre du premier dessin animé d’Émile Courtet (dit Émile Cohl) fait pour la société cinématographique Gaumont, projeté le 17 août 1908 au théâtre du Gymnase à Paris. Le FIFA diffuse d’ailleurs cette année Pas de deux avec Shiryaev, qui date de 1905. Il constituerait donc les premiers pas véritables de l’animation. Dommage pour Glénat. L’histoire se réécrit parfois.

Nous parlons aussi de montagne et d’alpinisme et notons l’absence depuis des lustres d’un véritable écrivain-alpiniste. Toujours ce fossé grandissant entre l’exploit de plus en plus incroyable et sa mise en mots vulgaire et pauvre. Frison-Roche revient !

La très sympathique attachée de presse du festival me brief pour le lendemain sur les choses à ne pas manquer. Dur de s’y retrouver. L’Officiel du Festival fait quand même 400 pages…

D’ailleurs je file pour le Work in Progress de Tardi… A tte

Hop retour du WIP de Jacques Tardi, in absentia, représenté par ses compères, dont certains sont issus de Persepolis. On nous a montré un pilote top secret du projet (photos et caméras en veilleuse svp) nommé Un monde truqué (inspiré des falsificateurs  de Bello ?). On aura affaire à un monde plongé dans le rétrograde et le suranné après l’enlèvement des plus grands savants de notre siècle (Pasteur et Einstein compris). Enquête policière en vue. Considérations intéressantes sur le passage du dessin BD à l’animation. J’avais eu une discussion similaire la veille avec le dessinateur de Lou, Julien Neel, à propos des différences narratives entre un film et une BD (importance de l’ellipse entre les bulles m’a-t-il dit).

Pour revenir à ce matin, j’ai assisté aux petits déjeuners du bar du Festival dans lesquels les realisateurs (de courts ce matin) se livrent à une itw à la fois intime et décontractée. C’est dire le nombre d’événements qui peuvent ponctuer la journée d’un festivalier, sans compter les conférences très pointues sur l’animation… A chaque fois, c’est plein à craquer. Un succès, assurément. 

Toujours pas vu de films avec tout ça aujourd’hui…

Devant l’écran (3)

11 juin 2009

Quelques mots sur le long métrage en compétition numéro 5, My dog Tulip, qui n’est pas sans rappeler My Dog Stupid de John Fante : « J’ai retenu mon souffle. Ce n’était pas un mouton. Ça avait même une crinière. « C’est un lion », j’ai dit en reculant.  »

Ici aussi, un chien, un berger allemand femelle plus précisément, une chienne quoi, fait irruption dans la vie d’un journaliste-écrivain quinquagénaire qui s’ennuie de la société des hommes. Le dessin en 2D de Paul Fierlinger est réalisé sur ordinateur mais parvient à imiter parfaitement le trait fin et gracile de l’aquarelle qui sied à l’exploration de la campagne anglaise, (Gainsbourg Et Son Gainsborough…).

Le vieux Joe tient un journal serré sur sa bien aimée canine. Sa voix off  de vieux monsieur mélancolique le déclame paisiblement. Des considérations médicinales aux analyses anthropo-canines, c’est un existentialisme misanthrope qui s’offre à nous.

En 16 ans de vie commune et d’amour (presque) platonique, Joe et sa compagne qui remue la queue auront vécu toutes les guerres de la vie et l’amour aussi… Quelques longueurs peut-être mais vivre avec un animal fait oublier le temps qui passe…

Maintenant direction le MIFA.

 

S.

Snaps

11 juin 2009

QG France Television
CP Patrice LeconteCP PL 2
Prêt pour RosalinePL en bonne compagnie

Devant l’écran (2)

11 juin 2009

N.B : Mise en ligne tardive. J’ai été malencontreusement enfermé dans un appartement (sans wifi). Une jeune fille m’en a délivré vers 12h30. J’ai loupé mes ‘courts’ du matin. Tant pis, au FIFA on peut toujours se rattraper (ou pas).

 

Première salve de courts en compétition hier après-midi. Cuvée numéro 3. Il faut dire que le choix peut dérouter. On trouve de tout ici. Films de fin d’études, de commande, de télévision, courts et longs métrages (en compétition et hors compétition), avant-premières…

Dans la section courts en compétition, cinq sélections sont proposées, chacune contenant une petite dizaine d’ouvrages.

Troisième bobine donc. (highlights only)

Elle s’ouvre sur une litanie bop signée Eddy White déclamée par la voix chaude et caressante de Nick Cave qui rappelle de phrasé syncopé de Kerouac s’extasiant sur les mad cats de la nuit américaine. Beat. Une façon élégante de rappeler que l’écriture ne saurait se passer d’une musique idoine.

Jazzed, d’Anton Sella prolonge la fugue musicale et nous emmène aux portes de la mort, portés par l’ivresse et l’amour, sur un dessin fait de touches impressionnistes.

Après le sobre Slaves, sorte de captation animée d’une interview de deux jeunes enfants enlevés par la milice soudanaise, le public du festival annécien, friand d’absurde et de slapstick avait besoin de souffler. Le Train en folie du canadien Cordell Barker arrivait à point nommé.

« Qu’arriverait-il si le monde était un train sans conducteur roulant a toute vitesse sur une voix accidentée ? » Eh bien les vaches poursuivraient paisiblement leur chemin…  sans même un regard pour ce train ridicule volant en morceaux. En 8mn 40s de chevauchée démente, une fine analyse sociale des nantis plumant les pauvres -naïfs mais néanmoins avides- et chevauchant avec insouciance vers leur propre fin. Notre époque in a nutshell. Meuh !

Enfin, après Birth, qui fait plus fort que Houellebecq pour nous dégoûter à jamais des joies de l’enfantement, la bobine numéro 3 se termine sur l’hilarant Sagan om den Lille Dockpojken (The Tale of the Little Puppet Boy) du suédois Joahnnes Nyholm. Animation en pâte à modeler qui parvient à faire passer les émotions les plus subtiles d’un petit bonhomme comme vous et moi, pétri de frustration et de maladresse. Quand la vie vous en veut, vous voyez ce que je veux dire ? Des bruitages étonnants viennent renforcer l’effet. Très réussi. 

Dans la soirée, le long métrage en compétition d’Henry Selick (L’Etrange Noël de Monsieur Jack, James et la pêche géante), Coraline, ne m’aura pas convaincu sur l’utilité de la 3D, ou plutôt sur le fait que la 3D soit vraiment au point. Maux de tête garantis, pour des effets peu spectaculaires. C’est mieux à Dysneyworld. Pour ce qui est de l’histoire, c’est Alice in Wonderland, en moins bien. Et ça clichetonne un max. Plein de p(i)oncifs.

Pour d’autres sons de cloche (tous assez bons) sur Coraline, c’est ici http://bit.ly/3n1SDb ou là  http://bit.ly/TGHm9

A demain (oui il est 0h32 mais je n’ai plus de wifi, le texte sera donc mis en ligne demain matin –aujourd’hui- vous me suivez ?)

Jeudi, 13h49, je file à une séance, je ne sais plus laquelle.

 

S.

Devant l’écran (1)

10 juin 2009

Ce qu’on attend avec une impatience trépignante au FIFA, ce sont les teasers, ces mises en bouche précèdant systématiquement les projections. 

Il y a tout d’abord l’officiel, celui qui ouvre toutes les séances, incarné cette année par une chouette ronchonne et rose, créée et présentée à Annecy en 2005 par Alexandre So -ancien anim 3D d’Ubisoft. « Ecrasée, fondue, râpée, désagrégée, grillée, moulue, pulvérisée, gobée, vitrifiée, foudroyée, broyée », elle s’en prend plein la tronche la pauvre mémère. Les spectateurs scandent son supplice en tapant des mains au son d’une mazurka (?) endiablée qui verra défiler tous les partenaires du festival. On a presque envie de compatir avec notre pauvre mémère qui coulait des jours heureux près du lac d’Annecy avant qu’une horde babelisante de festivaliers ne viennent l’emmerder. Le public ressort de ces brefs-instants-de-la-vie-d’une-chouette excité et frétillant : mission accomplie.  A noter une brève apparition (remarquée) du lapin, le lapin, le lapin ! On est bien.

Cinq autres teasers passent en alternance à la suite de notre chouette chouette. Produits par les Gobelins, je vous en reparlerai (peut-être).

Une charmante jeune fille me propose une bière. Ca ne se refuse pas. A toute à l’heure.

 

S.

Annecy- Jour 1.

Annecy est un monde après la pluie. Gorgée d’eau, elle exhale ce matin un parfum moite de désir. 

Après quelques formalités, guidé par le sourire des hôtesses du bureau des pleurs qui annoncent comme à regret mon statut ectoplasmique, j’obtiens la traditionnelle sacoche estampillée Annecy 09 -noire et constellée de Pin’s cette fois- et le badge de rigueur. Quelques minutes plus tard, je chevauche un vélo qui me mènera à un salon et une étrange rencontre.

« Mais qu’est-il arrivé à Patrice Leconte ? » se demandait Bernard Achour, le journaliste du Nouvel Obs dans sa critique du film La Guerre des miss. « Une infinie tristesse se dégage de cette cafardeuse comédie » renchérissait Le Figaroscope.

Patrice est là, devant moi, à Annecy. Devant la presse, décontracté du gland, le cinéaste qui honnit les critiques (ou l’inverse). Je lis distraitement l’article Wikipedia qui lui est consacré :  » [en 1975], Patrice Leconte commence à croire qu’il a fait fausse route dans le cinéma et accentue sa carrière publicitaire. » Mais les Bronzés déboulent, Patrice se sent obligé de continuer, se plante de nouveau, s’obstine, bifurque, s’essaie aux costumes, puis sort les Miss. C’est la guerre. 

« Vous avez raté votre vie ? Venez nous voir, ça pourra s’arranger. » Plaît-il ? Patrice en pleine conversation avec les Témoins de Jéhovah ? Non. C’est le pitch du nouveau projet de Patrice -« réalisable dans deux ou trois ans autant dire mon premier film posthume » (rires dans la salle)- intitulé Le Magasin des Suicides (professionnels). Les artistes mettent toujours du leur dans leurs oeuvres paraît-il. 

Vous l’aurez compris, puisque Patrice est à Annecy, c’est que son projet –15 millions d’euros de budget avec option 3D, oui c’est à la mode- est un film d’animation -nouvelle pirouette, ultime ? Adapté d’un roman de Jean Teulé par les soins de Patrice -« Quand Jean a lu l’adaptation il était sur le cul »- ce film pourra toujours servir à une pub de Dignitas. Soit « un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable: la joie de vivre. » Un petit garçon incarnera l’adversaire -Patrice courant après l’innocence-, tel « le vers dans le fruit du malheur et de la dépression ». Ca sent le vécu. 

Annecy n’est plus tout à fait la terre. A dans trois ans donc, laissons le vers grandir. Je pars pour ma première projection.

S.