Devant l’écran (2)

11 juin 2009

N.B : Mise en ligne tardive. J’ai été malencontreusement enfermé dans un appartement (sans wifi). Une jeune fille m’en a délivré vers 12h30. J’ai loupé mes ‘courts’ du matin. Tant pis, au FIFA on peut toujours se rattraper (ou pas).

 

Première salve de courts en compétition hier après-midi. Cuvée numéro 3. Il faut dire que le choix peut dérouter. On trouve de tout ici. Films de fin d’études, de commande, de télévision, courts et longs métrages (en compétition et hors compétition), avant-premières…

Dans la section courts en compétition, cinq sélections sont proposées, chacune contenant une petite dizaine d’ouvrages.

Troisième bobine donc. (highlights only)

Elle s’ouvre sur une litanie bop signée Eddy White déclamée par la voix chaude et caressante de Nick Cave qui rappelle de phrasé syncopé de Kerouac s’extasiant sur les mad cats de la nuit américaine. Beat. Une façon élégante de rappeler que l’écriture ne saurait se passer d’une musique idoine.

Jazzed, d’Anton Sella prolonge la fugue musicale et nous emmène aux portes de la mort, portés par l’ivresse et l’amour, sur un dessin fait de touches impressionnistes.

Après le sobre Slaves, sorte de captation animée d’une interview de deux jeunes enfants enlevés par la milice soudanaise, le public du festival annécien, friand d’absurde et de slapstick avait besoin de souffler. Le Train en folie du canadien Cordell Barker arrivait à point nommé.

« Qu’arriverait-il si le monde était un train sans conducteur roulant a toute vitesse sur une voix accidentée ? » Eh bien les vaches poursuivraient paisiblement leur chemin…  sans même un regard pour ce train ridicule volant en morceaux. En 8mn 40s de chevauchée démente, une fine analyse sociale des nantis plumant les pauvres -naïfs mais néanmoins avides- et chevauchant avec insouciance vers leur propre fin. Notre époque in a nutshell. Meuh !

Enfin, après Birth, qui fait plus fort que Houellebecq pour nous dégoûter à jamais des joies de l’enfantement, la bobine numéro 3 se termine sur l’hilarant Sagan om den Lille Dockpojken (The Tale of the Little Puppet Boy) du suédois Joahnnes Nyholm. Animation en pâte à modeler qui parvient à faire passer les émotions les plus subtiles d’un petit bonhomme comme vous et moi, pétri de frustration et de maladresse. Quand la vie vous en veut, vous voyez ce que je veux dire ? Des bruitages étonnants viennent renforcer l’effet. Très réussi. 

Dans la soirée, le long métrage en compétition d’Henry Selick (L’Etrange Noël de Monsieur Jack, James et la pêche géante), Coraline, ne m’aura pas convaincu sur l’utilité de la 3D, ou plutôt sur le fait que la 3D soit vraiment au point. Maux de tête garantis, pour des effets peu spectaculaires. C’est mieux à Dysneyworld. Pour ce qui est de l’histoire, c’est Alice in Wonderland, en moins bien. Et ça clichetonne un max. Plein de p(i)oncifs.

Pour d’autres sons de cloche (tous assez bons) sur Coraline, c’est ici http://bit.ly/3n1SDb ou là  http://bit.ly/TGHm9

A demain (oui il est 0h32 mais je n’ai plus de wifi, le texte sera donc mis en ligne demain matin –aujourd’hui- vous me suivez ?)

Jeudi, 13h49, je file à une séance, je ne sais plus laquelle.

 

S.

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