Côté jardin (1)

12 juin 2009

Passage éclair au MIFA hier soir (Marché International du Film d’Animation) où se retrouvent tous ceux qui ont à vendre quelque chose. Tapis rouges, kiosques presque anonymes ou grosses machines, un endroit avec des airs de salon du livre qui aurait pour invité d’honneur le Japon.

Il y a des âmes en peine qui attendent toute la journée le producteur argenté, prêtes à dégainer un speech bien rôdé et les anecdotes qui font rire. Un regard un peu trop humide et insistant, me voilà alpagué par des Anglais qui découvrent avec déception, après 10 mn de force de vente, que je suis journaliste.

Le soir dîner de presse au Pré Carré, où le tout Annecy se retrouve de génération en génération ( et pour des siècles et des siècles, Amen!). Sont présents Télérama et France Inter, mais je m’en fous je suis à côté de Jacques Glénat. Il me parle de ses débuts, de sa première revue consacrée à l’animation, Fantasmagorie –qu’il tient à bout de bras pendant six ans, allusion au  titre du premier dessin animé d’Émile Courtet (dit Émile Cohl) fait pour la société cinématographique Gaumont, projeté le 17 août 1908 au théâtre du Gymnase à Paris. Le FIFA diffuse d’ailleurs cette année Pas de deux avec Shiryaev, qui date de 1905. Il constituerait donc les premiers pas véritables de l’animation. Dommage pour Glénat. L’histoire se réécrit parfois.

Nous parlons aussi de montagne et d’alpinisme et notons l’absence depuis des lustres d’un véritable écrivain-alpiniste. Toujours ce fossé grandissant entre l’exploit de plus en plus incroyable et sa mise en mots vulgaire et pauvre. Frison-Roche revient !

La très sympathique attachée de presse du festival me brief pour le lendemain sur les choses à ne pas manquer. Dur de s’y retrouver. L’Officiel du Festival fait quand même 400 pages…

D’ailleurs je file pour le Work in Progress de Tardi… A tte

Hop retour du WIP de Jacques Tardi, in absentia, représenté par ses compères, dont certains sont issus de Persepolis. On nous a montré un pilote top secret du projet (photos et caméras en veilleuse svp) nommé Un monde truqué (inspiré des falsificateurs  de Bello ?). On aura affaire à un monde plongé dans le rétrograde et le suranné après l’enlèvement des plus grands savants de notre siècle (Pasteur et Einstein compris). Enquête policière en vue. Considérations intéressantes sur le passage du dessin BD à l’animation. J’avais eu une discussion similaire la veille avec le dessinateur de Lou, Julien Neel, à propos des différences narratives entre un film et une BD (importance de l’ellipse entre les bulles m’a-t-il dit).

Pour revenir à ce matin, j’ai assisté aux petits déjeuners du bar du Festival dans lesquels les realisateurs (de courts ce matin) se livrent à une itw à la fois intime et décontractée. C’est dire le nombre d’événements qui peuvent ponctuer la journée d’un festivalier, sans compter les conférences très pointues sur l’animation… A chaque fois, c’est plein à craquer. Un succès, assurément. 

Toujours pas vu de films avec tout ça aujourd’hui…